27 Oct 2016 | 8

De la Park Slope Food Coop à La Louve : des supermarchés coopératifs et participatifs

food-coop-affiche-du-filmLe cinéma Comœdia, dans le 7ème arrondissement de Lyon (l’arrondissement qui monte, qui monte), n’est jamais en reste quand il s’agit de programmer le documentaire que vous ne verrez pas ailleurs. C’est le cas de Food Coop, présenté en avant-première mardi dernier, en présence de son réalisateur Tom Booth. Une food coop, c’est une coopérative alimentaire. La Food Coop américaine dont il est question dans ce documentaire est unique… quoique !, il semblerait qu’elle soit en train de faire des petits. Lisez donc ce qui suit pour en savoir plus.

Mais c’est quoi, au juste, cette food coop ?

Si vous me lisez régulièrement, vous savez ma passion – et ma lutte – pour la cuisine à base de produits alimentaires de qualité, de préférence bio, locaux et de saison. Cliente de Biocoop et autres magasins locaux et/ou bio français, je dois notamment cet amour à la petite food coop qui nichait en bas de mon immeuble alors que j’étais étudiante à l’Université du Kansas, à Lawrence, Kansas : The Merc Co-Op, créé en 1974, où je faisais une partie de mes courses (budget étudiant oblige), déjà soucieuse de mon alimentation.

La Food Coop dont il est question dans le film est né un an plus tôt, en 1973, à Park Slope, un quartier de Brooklyn, à New York, et elle est connue dans tout le pays. La presse française s’est elle-même fait l’écho de cette expérience socialiste (un très gros mot aux Etats-Unis !) ces dernières années. Le film de Tom Booth nous permet de passer les portes de ce « club » qui n’est ouvert qu’à ceux qui acceptent d’y travailler. On entre et je vous explique ?

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Crédit photo : Eric Allix Rogers

Un supermarché à la fois coopérative et participative

 Au 782 de Union Street, à New York, se trouve deux bâtiments en briques traditionnels, l’un beige et l’autre rouge. Derrière leurs portes, les 2000m2 qui abritent la coopérative alimentaire, les bureaux et les espaces de stockage. La Food Coop compte plus de 16000 membres, qui doivent chacun travailler 2h45 toutes les quatre semaines. C’est la règle d’or ici : « No work, no shop. » (Si on ne travaille pas, on ne peut pas y faire ses courses.) Joe Holtz, l’un des dix fondateurs du lieu, considère que le temps est la ressource qui a le plus de valeur.

L’idée de départ était que le supermarché soit coopératif, c’est -à-dire qu’il appartienne à ceux qui l’utilisent : les coopérateurs participent donc au capital à hauteur de 100 dollars chacun (ou 10 dollars pour les personnes bénéficiant des minima sociaux). L’idée était aussi que le magasin soit participatif, avec des gens qui donnent de leur temps pour assurer son fonctionnement.

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Du fromage à pléthore ! 

Comme un supermarché… en beaucoup mieux !

Quel est l’intérêt pour tous ces New-Yorkais de donner de leur précieux temps ? Ils trouvent à Park Slope des produits de très bonne qualité, de préférence locaux et si possible bio, bien moins chers qu’ailleurs (jusqu’à 40 %) grâce au travail qu’ils fournissent. 80% du travail nécessaire pour le fonctionnement du magasin est en effet assuré par eux : de la réception des livraisons à la mise en rayon, en passant par le ménage et le travail en caisse.

Du fait du grand nombre de membres, le magasin, qui est ouvert 365 jours par an (jusqu’à 22 heures du lundi au samedi, et dès 6h le samedi et dimanche !) ne désemplit pas et les stocks sont donc renouvelés beaucoup plus fréquemment qu’ailleurs : 80 fois par an, ce qui est considérable. C’est la garantie d’avoir des produits d’une grande fraîcheur mais aussi des gammes variées. Le rayon fromages en est à lui seul l’exemple. Une banalité pour nous autres Français, mais un luxe pour les Américains ! Le seul bémol a un tel succès ? La queue aux caisses qui est si longue qu’elle a inspiré le nom du magazine bi-mensuel de la coop : Linewaiter’s Gazette (la gazette de ceux qui attendent aux caisses) !

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Crédit photo : La Louve

Et en France, on en a des food coops ?

Si la projection de Food Coop m’a permis de voir la réalité du fonctionnement de ce lieu unique en son genre, elle m’a aussi appris que cet bel exemple de consommation responsable avait fait des émules. Tom Booth (oui, lui-même, le réalisateur) travaille depuis cinq ans au projet de La Louve. , un supermarché parisien, basé dans le 18ème arrondissement, qui s’inspire du modèle de Park Slope : produits de qualité à un prix accessible, système d’auto-gestion et travail mensuel des membres (3 heures dans ce cas).  Le projet regroupe déjà 2800 membres, leur supermarché comptera 1500m2 et ouvrira début novembre au 116 rue des Poissonniers (abonnez-vous à leur page Facebook pour rester informés).

Ils ne sont pas les seuls à vouloir faire bouger l’accès à des produits de proximité et de qualité dans un esprit collaboratif et participatif : une dizaine de projets sont en construction à l’heure actuelle en France. Celui de Lyon est naissant. Comme je suis sympa, je vous ai dressé ci-dessous la liste de tous les projets, classés par ordre alphabétique des villes.

Si vous avez des informations supplémentaires, des remarques ou des idées, n’hésitez pas à les ajouter en commentaires ! 

Food Coop sortira officiellement le 2 novembre prochain.

De nombreuses projections débats sont organisées en France, notamment dans les villes ci-dessous. Les Lyonnais pourront quant à eux aller voir le film en projection-débat le 17 novembre au cinéma Le Zola (dans le cadre du festival ALIMENTERRE), le 23 novembre à la Fourmi et le 27 novembre à l’Aqueduc.

En Belgique : 

Bruxelles : BEES coop

Martienne-au-Pont : Coopéco

(supermarché ouvert aux coopérateurs depuis le 8 octobre 2016)

Uccle : L’Epi

(épicerie ouverte depuis le 3 juillet 2015)

En France : 

Biarritz : Otsokop

Bordeaux : Supercoop

Grasse : La Meute Coop

Grenoble : L’éléfan

Lille : Superquinquin

Lyon : Demain Supermarché

Marseille : Super Cafoutch

Montpellier : La Cagette

Nantes : Scopeli 

Toulouse : La Chouette Coop

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Crédit logo : Demain Supermarché 
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8 comments

  1. Isabelle says:

    Coucou
    Je me verrai bien caissière qqes heures pour une telle enseigne!! Tu nous montes un petit projet dans l’ouest lyonnais AL?
    Je suis également tombé sur le lien sur le titane dans les bonbecs et autres sucreries. Ça fait froid dans le dos
    Oui à un Halloween bio. Can we?
    Bisous ma dénicheuse de beaux projets
    Ps: mon compost se remplit.

    • Anne-Liesse says:

      Hello Isa,

      Merci pour ton com’ : ça me fait toujours un énorme plaisir !…

      Tu me fais rire ! Moi, je détesterais faire la caisse, même pour une food coop !! Je me verrais mieux à l’emballage des fruits secs, comme dans le film (même si je me prendrais probablement la tête sur les plastiques utilisés !!!…). Je ne me sens pas en mesure de monter une Ruche pour le moment alors une food coop collaborative et participative encore moins. Mais ce serait vraiment chouette d’en avoir une à Lyon, voire plusieurs, dont une dans l’ouest lyonnais. Le projet en cours actuellement est dans le 7ème, le “bobo arro” !

      Un Halloween bio, on en était loin, mais c’est derrière nous, maintenant ! Je n’étais pas au courant pour ces histoires de titane : ça me fait froid dans le dos en effet. Déjà que je n’étais pas trop pro sucreries…

      Mon compost me manque… J’en ai demandé un pour la copro mais il faut que ce soit voté à l’AG… qui n’est pas avant le mois de janvier ;-(( Au moins mon voisin et gestionnaire de la copro est-il motivé pour le mettre en place. C’est déjà ça… “Les petits ruisseaux font les grandes rivières”…

      Pour finir, j’adore que tu m’appelles “ma dénicheuse de projets” ;-)) C’est ce que je préfère faire (et que je fais le mieux ?) : rencontrer les gens et parler d’eux et de leurs projets – enfin écrire sur eux. J’ai déjà d’autres belles initiatives dont je veux parler ici. Reste à trouver le temps de faire les interviews…

      Bisous du bout de la rue !

      • Lise says:

        Bonjour,
        L’Epicerie Demain a ouvert le 24 octobre 2019 🙂 On est bien dans le 7ème, au 2 place des Pavillons, qui n’est pas du tout un quartier “bobo” et c’est pour cela qu’on s’y est implanté. Car c’est un quartier dans lequel il n’y a pas ou peu de magasins bio, et qu’on a bien l’intention de sensibiliser au mieux manger. Eviter les quartiers “bobo” fait partie de notre cahier des charges 😉
        Pour info, notre logo n’est pas du tout celui-ci. On se demandait d’ailleurs si ce n’était pas vous qui seriez à l’origine d’un compte Instagram avec ce logo? Car on n’arrive pas à retrouver sa source en interne.

        • Anne-Liesse says:

          Bonjour Lise,

          Merci pour ces infos : j’étais passée à travers l’ouverture du supermarché. Je viendrais bien faire un petit reportage !…

          Quand vous dites “notre logo n’est pas du tout celui-ci”, à quoi faites-vous référence ? Pour info, je n’ai créé aucun compte Instagram en lien avec Demain. Je ne me serais pas permis…

          A bientôt pour plus d’infos ?…

  2. Séverine says:

    wouhouwou, ça fait tellement du bien de voir que ça bouge aussi en France !!!!!

    • Anne-Liesse says:

      Oui, ça fait du bien ! A nous de contribuer à faire bouger aussi, par nos actions et/ou nos achats. xo

  3. Pepette says:

    Je ne connais pas ce magasin à Nantes. Ton billet me donne envie de le découvrir
    Gros bisous

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