10 Fév 2009 | 0

Graisses hydrogénées et cancer du sein

Huile_de_palme_Mongabay

Certain(e)s d’entre vous ont peut-être déjà reçu un mail (courriel !) de moi il y quelques temps vous mettant en garde contre les graisses hydrogénées. Eh bien, à l’heure où « 60 Millions de Consommateurs » publie un dossier intitulé « Viennoiseries, sus aux mauvais gras », je pars moi aussi à nouveau en guerre, plus précisément contre l’huile de palme cette fois-ci (la photo représentant de jeunes palmiers à huile).

Les graisses trans (pour transformées) résultent pour la plupart du traitement industriel des huiles végétales (comme l’huile de palme) par hydrogénation. L’intérêt est que ces graisses ne coûtent pas chères et se conservent longtemps après avoir été hydrogénées. Ce sont également ces graisses qui donnent aux aliments cette agréable sensation de fondre en bouche. Comme elles peuvent être produites à grande échelle, on les retrouve dans de nombreux produits de l’industrie agro-alimentaire : viennoiseries, pain industriel, pâtisseries, biscuits, barres chocolatées, pâtes à tarte, plats préparés, margarines, chips et j’en passe.

Le problème avec ces acides gras trans est qu’il a été démontré dès les années 1990 qu’ils majoraient le risque d’accidents cardio-vasculaires. Aujourd’hui, on sait qu’ils contribuent aussi à augmenter les cancers du sein. C’est la première fois qu’un facteur alimentaire aussi précis est mis en cause dans le cancer du sein. Le cancer du sein est le plus fréquent des cancers féminins : chaque année en France, environ 42 000 nouveaux cas sont diagnostiqués. On estime qu’actuellement 1 femme française sur 10 sera confrontée dans sa vie à cette maladie. Ce cancer qui était classiquement celui de la femme âgée survient aussi aujourd’hui chez des femmes plus jeunes. Et chez ces femmes jeunes, de moins de 50 ans, il a par exemple augmenté de 1,5 % tous les ans entre 2000 et 2004.

Pourquoi m’en prendre à l’huile de palme en particulier ? Parce qu’elle cumule à elle seule presque tous les maux :

1 – Elle est naturellement riche en acides gras saturés (comme l’huile de coco), contrairement aux autres huiles végétales, comme l’huile de colza, de maïs et d’olive, qui sont, elles, riches en acides gras insaturés. Les acides gras saturés se trouvent également dans les graisses animales (lait, fromage, beurre, viande, lard, etc.). De même que les acides gras trans, ils ont tendance à augmenter les risques de maladies cardiaques. Considérés comme des graisses malsaines car leur consommation en excès fait augmenter le taux de « mauvais » cholestérol sanguin, ils ont pourtant leur place – avec modération –  dans l’alimentation humaine. Ils sont notamment des constituants importants des membranes cellulaires.

2 – Selon le site Mes courses pour la planète l’huile de palme représente un tiers de l’huile végétale produite dans le monde (c’est la seconde production mondiale après l’huile de soja) et est présente dans un produit agro-alimentaire  sur dix vendus en Europe (parfois avec la simple mention « huile végétale »), et le plus souvent sous la forme hydrogénée, ce qui fait que l’on cumule alors les méfaits des acides gras saturés ET ceux des acides gras trans.

3 – Sur le plan écologique, elle représente également un danger car la rentabilité de son exploitation pousse les cultivateurs des régions forestières à remplacer la forêt par des plantations de palmiers à huile. Ce sont la Malaisie et l’Indonésie, les deux principaux pays producteurs d’huile de palme qui sont le plus concernés puisqu’ils représentent à eux seuls plus de 80% de la production mondiale.

La déforestation massive menée pour donner la place à des palmeraies provoque des destructions de forêts tropicales et de tourbières, avec comme résultat une aggravation des rejets de gaz à effet de serre mais aussi la menace d’extinction des orangs-outans. Si rien n’est fait, les ONG estiment que les orangs-outans auront disparu d’ici à 2020. Je ne vous parle même pas de la question de l’utilisation de l’huile de palme comme agrocarburant et des conflits qui en résultent.

 

Que faire alors au quotidien pour éviter l‘huile de palme et les graisses hydrogénées en général ?  Parmi les produits alimentaires industriels, il faut se méfier des viennoiseries, pâtisseries, pain industriel, biscuits, barres chocolatées, pâtes à tarte, plats préparés, margarines, chips, croûtons , soupes lyophilisées, etc. Lisez les étiquettes avec attention et dès que vous repérez «graisses trans», « matières grasses végétales partiellement hydrogénées » ou « matières grasses hydrogénées », ou « huile végétale hydrogénée » ou « huile végétale partiellement hydrogénée », zappez le produit. Marie, désolée mais les Balisto, j’ai vérifié, il vaut mieux éviter…

Et pour en revenir au cancer du sein, je me fais le relais des recommandations générales de la Ligue contre le cancer et vous rappelle que l’allaitement, une alimentation variée et équilibrée, une activité physique régulière constituent des facteurs qui diminuent le risque de développer un cancer du sein.

Une note positive pour finir ce billet pas gai-gai, j’en ai bien conscience : éviter l’huile de palme et ses consœurs hydrogénées, c’est l’occasion renouvellée de ne pas faire (trop, trop souvent) de courses au supermarché mais de cuisiner de bonnes choses à la maison au beurre (à petites doses) ou, encore mieux, à l’huile d’olive, à la purée d’amande, à la crème de soja, etc.

Alors les filles, à vos casseroles et à vos baskets ! Et pareils pour les garçons parce que ça ne peut pas leur faire de mal non plus ! Et pour garder le sourire, une pub humoristique de la Ligue contre le cancer du sein canadienne.

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